Pro D2/Grenoble : La confirmation

Après avoir intégré le Top 6, seulement au bout de la 22ème journée du championnat, soit bien trop tardivement aux yeux de beaucoup, qui prédisaient, au contraire, une bien meilleure entrée en la matière du FCG, Grenoble a désormais son destin entre les mains pour accéder aux phases finales. La bonne série de résultats entamée depuis janvier 2021 semble faire oublier les débuts calamiteux de l’équipe iséroise dont beaucoup de spécialistes de rugby prévoyaient un parcours limpide. C’est, sous doute, oublier un peu vite que la vérité appartient, avant tout au terrain et non pas, à ceux qui lisent dans le marc du café ou qui ne s’appuient que sur la liste de joueurs qui composent l’effectif. Dans un championnat marathon qu’est le Pro D2, parvenir à intégrer le Top 6 est l’ambition de nombreux clubs, y rester durablement en maintenant un niveau forme digne d’un champion potentiel en est tout autre. Depuis la belle victoire acquise le week-end contre les Columérins, soit un gros bras de la compétition, Grenoble est revenu clairement dans la course aux phases finales en se positionnant à la sixième place, à égalité avec Nevers. Mais, ce n’est pas une fin en soi et cette place dans les 6 est loin d’être acquise, puisqu’elle ne tient qu’à un fil. Grenoble doit remporter bien d’autres batailles pour la préserver voire, pourquoi pas, faire encore mieux, et surtout confirmer la belle remontée. Confirmer son statut de qualifiable, c’est assurément, la tâche qui incombe, dorénavant, aux Grenoblois pour se préparer aux joutes printemps. Pour cela, il reste encore bien des choses à gommer dans le jeu, comme on a pu le constater contre Colomiers, notamment les en-avant de passe. Pour confirmer, cela passe, forcément, par des victoires à l’extérieur. Mais, pas des victoires ric-rac ou des victoires type hold-up, non, des victoires avec beaucoup de caractères, des victoires autoritaires, des victoires probantes, des victoires en patron.

Pour son déplaçant à Mont-de-Marsan, chez une équipe qui lutte pour sa survie en Pro D2, il devenait, donc, impératif pour Grenoble de gagner, de maintenir son effectif dans une dynamique de spirale positive, d’entretenir la confiance, donc de rester dans le top 6. Mais, gagner dans les Landes, rien n’est jamais simple, d’autant plus que l’année passée, Grenoble avait perdu 26 -24, même si cette année, le contexte est tout autre. Ainsi, Grenoblois souhaitait le faire, il devait le faire et, Grenoble l’a fait pour le grand bonheur de tous ceux qui s’intéressent de près au FCG. 

La victoire fut longue à se dessiner puisqu’il fallut attendre l’heure de jeu pour que le match bascule en faveur des rouge et bleu, sans pour autant sceller définitivement le sort du match. Celui-ci le sera véritablement que dans les dix dernières minutes, comme cela devient de plus en plus la marque de fabrique du jeu grenoblois cette année. En effet, l’équipe de Stéphane Glas, est l’équipe qui marque le plus d’essais dans le fameux money time, elle en a encore marqué deux contre les Montois.

Durant la première mi-temps, les Dauphinois se sont vite mis en action, monopolisant d’entrée le ballon, multipliant les temps de jeu dans le camp de son adversaire, ce qui déboucha sur une pénalité convertie par Jonathan Bousquet dès la cinquième minute. On sent beaucoup de maîtrise dans le jeu des Grenoblois, mais, encore bien du déchet : deux touches non trouvées au pied, un contre qui coûte un essai (qui sera refusé pour hors-jeu) trois touches perdues ou cafouillées, quelques ballons tombés. En revanche, la mêlée est dominatrice, encore trois pénalités récoltées contre une seule. Au final, Grenoble produit quatre bons lancements de jeu, mais aucun n’arrive à franchir la ligne. Seul, l’essai de pénalité consécutivement à deux beaux portés récompense les bonnes intentions du jeu. Le score de 10 à 3 à la mi-temps est logique et reflète la supériorité de Grenoble, sans pour autant être écrasante. A noter, que les Isérois ont été disciplinés : quatre pénalités sifflées(huit au total), alors que les Montois l’ont été huit fois (quinze au total et deux cartons jaunes).

Le début du deuxième acte pour ressemble à la physionomie de la première mi-temps : Grenoble domine, occupe, mais la touche laisse encore des bons ballons en route. Cependant, sur le seul contre en touche de Steeve Blanc Mappaz, le lancement de jeu, qui suit derrière aboutit au deuxième essai des hommes de Stéphane Glas. Le bon jeu début d’Orioli franchit et transmet main à main à Halaifonua, qui termine dans l’en-but après une belle course : 20-3. Le trou est fait. Ne reste plus que le bonus offensif à aller chercher. Manque de chance, les Montois profitent d’un petit relâchement en défense pour la déborder et planter un essai : 10-20.

Sans paniquer et ne renonçant pas à la possibilité d’aller chercher le bonus, Grenoble s’installe dans le camp des Landais, y récolte deux pénalités, puis profite d’un jeu trop à plat de l’ouvreur landais, ce qui permet une interception de karim Qadiri et du même coup le troisième essai. La victoire est acquise. C’est maintenant, une certitude. Elle sera bonifiée à la suite d’une superbe relance initiée par Jonathan Bousquet. Jonathan lance parfaitement Ange, qui s’engouffre petit côté pour jouer un une deux avec Jérémy Valençot, puis tout s’enchaîne dans le couloir des 5m avec Adrien Séguret (excellent), qui fixe et donne à Steeve (royal), qui fixe et donne à Ange qui aplatit tranquillement le ballon au milieu des perches ! Un essai de 80 m en première main. À montrer dans toutes les écoles de rugby. Magnifique ! Victoire à cinq points qui permet à Grenoble de confirmer la série des bons résultats de l’hiver. Tout n’a pas encore été parfait. Beaucoup d’en-avant sur les ballons hauts de récupération, des pénalités (même s’il y en a que huit) encore évitables, une touche qui perd des ballons (deux pénaltouches), des difficultés à franchir par un jeu d’affrontement direct. Mais, force est de reconnaître que l’équipe a accompli de gros progrès et, le plus important, elle a retrouvé la confiance. Le leadership du capitaine n’est pas étranger à tout cela, c’est un capitaine qui rassure et toujours irréprochable sur le terrain.

Au classement, Grenoble est sixième avec cinq longueurs d’avance sur Nevers, qui a été étrillé à Carcassonne et quatre de retard sur un duo Oyonnax – Colomiers. Les Oyomen ont gagné avec brio à Biarritz et Colomiers, difficile vainqueur de Valence. Les Grenoblois vont profiter de quelques jours de vacances pour savourer et acquérir de la fraîcheur physique. Le programme du prochain bloc s’annonce épais avec pour commencer la réception de Perpignan. Sans aucun doute, le bloc de vérité.

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